Et voilà, à 2 semaines du Carnaval, les premiers blocos de rue font leur apparition en grandes pompes (ou batucadas), et tout y est : ambiance, chaleur, musique avec des paroles qu'on n'entend pas parce que la sono laisse à désirer, toilettes chimiques, bières et eaux glacées, beaux jeunes hommes aux torses nus et tatoués, bref, Carnaval, baby.
Je sais qu'en ce moment les températures européennes ne sont pas atrayantes, donc ça me fait un peu de peine de vous parler de ce qui se passe ici, mais en même temps, les avions décollent même à -15° (edit : apparement, sauf si vous habitez à Toulouse, d'après le JT). Et puis il doit y avoir quelques européens qui viennent à Rio pour le Carnaval, alors regardez ce que vous ratez et ce dont ils profitent.

Alors ok, aujourd'hui il a fait environ 37°, normal pour un jour d'été, et j'ai prit le parti d'aller à un petit bloco de rue près de chez moi. J'apprécie plus la version "calme" (est-ce possible ?) d'un bloco, dans les petites rues des quartiers moins touristiques de Rio.

P1070279Les blocos sont tous constitués de la même façon: un "char" motorisé (qu'on appelle ici un "trio elétrico"), avec une plateforme sur le toit ou chantent tout un tas de types. La version d'aujourd'hui c'était une canette de bière d'une marque connue, LE sponsor des Carnavals à Rio. Le bloco s'appelle "Calma, Calma Minha Piranha!", un peu intraduisible car le mot "piranha" a deux sens, le premier, c'est le poisson à dents pointues, l'autre c'est, littéralement, une cagole. Donc vous avez au final "Du calme, du calme ma.... cagole à écailles et dents pointues". Bref.

Donc au Carnaval, les gens se déguisent, descendent dans la rue, s'amusent, échangent bisous baveux avec des inconnus, rires, et bières, et profitent du son entrainant de la batucada.
Le déguisement n'a pas d'importance, on s'habille comme on veut. En personnage de dessin animé de Disney, en personnages connus, en expressions imagées, en ce qu'on a trouvé au Saara ou même chez soit, mais ce qui est le plus marquant, c'est que c'est le seul moment ou il est "permis" aux hommes de s'habiller en femmes.
Ne voyez pas là le trait partiellement fictif/révolu qu'on donne aux brésiliens concernant l'éventuel refoulement de leurs chromosomes, il s'agit uniquement de s'amuser. Et ils jouent le jeu.P1070300

De mon propre avis, je voit ça plus comme une envie de s'extirper du chaud pantalon/bermuda et experimenter les sensations eoliennes d'une jupe. Sincèrement, porter un bermuda quand il fait 45°, je ne pige pas. Donc, je suis pour (durant le Carnaval uniquement, s'entend) les hommes en jupes. Mais aussi sans, ceci dit.

Alors oui, bien entendu il a aussi des filles, qui, je doit l'avouer, se déguisent moins que les hommes. Et généralement c'est des trucs de fille : en fée, en passiste de samba, en Hawaienne (mon déguisement de cette année), ou juste un bikini, un tshirt et un short et hop ! c'est parti.
Probablement que le Carioca est plus exhibitioniste, ou alors moins enclin à dramatiser sur ce qu'on dit d'eux.

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Comme je l'ai dit dans un précédent post, il y a 30% de blocos de rue de moins que l'année passée, mais il y a quand même de quoi faire.

Donc si vous êtes dans les parages, sortez bien armés de votre déguisement, de chaussures confortables (évitez les Havaianas©, une journée a danser dessus ça tue la plante des pieds, et vous les perdrez facilement), d'un peu d'argent, et profitez de l'ambiance carnavalesque de la ville.
Pour connaitre l'agenda des blocos, allez sur ce site: Diário do Rio de Janeiro.

Et puis bien entendu, je vous tiens au courant des litres de pipi à la fin du mois de février.

 

 

 


La version barbue du Chaperon-Rouge et ses compagnons :

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