Les Cariocas sont des gens assez mal-élevés. Gentils, mais mal-élevés.
Si vous avez le moindre pépin dans la rue (ne pas savoir quel bus prendre, transporter un truc hypra-lourd, être indécis pour choisir un produit...), le Carioca vous aide plus que volontiers, c'est une seconde nature. Ce qui n'est pas dans sa nature par contre, c'est la protection de l'environnement et le respect des lieux publics et des gens qui les fréquentent.

Durant le Carnaval et le Nouvel-An, c'est une explosion de déchets et d'infractions.
A tel point, que la Préfecture a dû mettre en place un système pour faire comprendre à ses habitants, que leur ville, si elle sent le pipi, ne va pas faire l'unanimité auprès du touriste.
Du coup, ils ont commencé a mettre des panneaux en ville, un peu partout, avec de jolis dessins, pour éduquer le Carioca.
En gros, ça donnait à peu près ça "Sérieusement, le pipi dans la rue, ça le fait pas, non ?" ou alors "Retenez votre pipi, les toilettes sont juste là" mais encore (mais moins drôle) "La rue est à tous, prenez soin d'elle !".
Il y a même eu des pubs (télé et journaux) ou ils comparaient les hommes aux chiens (qui sont des habitués aux toilettes ouvertes) et qui finissaient en disant "et vous levez la patte aussi en faisant pipi ?".

Gros impact quand on sait que cette année, il y eu environ 5 millions de gens dans la rue, et environ 1 toilette chimique pour 375 personnes. Et pourtant, il y avait des toilettes PARTOUT.
C'est à la coopération d'une grande marque de bière que les carnavaleux ont pu (parfois), faire pipi dans des toilettes chimiques. Et le truc était plutôt bien rodé : une série de toilettes pour les femmes, une autre pour les hommes, et une corde qui permettait de faire la queue pour les utiliser, au lieu de se pousser et de s'insulter comme des chiffoniers. A l'"entrée" de chaque couloir de toilettes, une personne maintenait le rythme d'attente et fournissait en papier toilette si nécessaire.

Malheureusement, ce ne fut pas assez. Car la police a apréhendé 777 personnes qui se sont donné le luxe (ou l'impolitesse) de faire pipi dans la rue. Et en cadeau, ils ont tous eu droit à une soirée au poste (au Brésil, la police c'est pas des gens rigolos), et l'option case prison de 3 mois à un an ou bien une amende à payer.

Mis à part les époques du Carnaval et de la Nouvelle Année, les Cariocas, même s'ils ne font plus (trop) pipi dans la rue, continuent à trouver que jeter un papier par terre, c'est moins fatiguant que marcher jusqu'a la prochaine poubelle (orange, pour ceux qui ont suivit) qui se trouve à 1m50.
Donc, oui, comparée à Londres, Rio est une ville sale. Et pourtant, la ComLurb (les monsieurs en orange) passe régulièrement nettoyer les déchets laissés à l'abandon.

Il y a aussi cette impression de saleté permanente, car les poubelles sont placées dans des gros sacs plastiques noirs et posés en tas dans rue, contrairement en France ou la Mairie donne de jolies poubelles vertes et écolos à ses citoyens.
Ici à Rio, non seulement ça fait pyramide, mais en plus ce n'est pas écolo du tout. Tout y est pèle-mèle, un peu comme avant en Europe au Moyen-Age (sans le plastoc', notez). Ceci dit, pour ne pas être que mauvaise langue, on trouve parfois dans les bâtiments administratifs des petites poubelles colorées pour le plastique, le verre, le métal. Mais c'est encore à l'essai, et déjà que la poubelle grand format n'existe que peu, je suis un peu sceptique quand à la version écolo grand format.

Mais je pense qu'on ne va qu'en s'améliorant. Après tout, le Brésil, c'est le pays méga en avant pour l'écologie, la nature, les oiseaux et la salade mixée en jus.

Juste un dernier chiffre pour faire plaisir : environ 2 millions de litres de pipi ont étés récoltés cette année grâce à la mise en place des toilettes publiques. Moi je suis curieuse de connaître le chiffre de l'année prochaine.

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Et comme le Carioca est moqueur, certains se sont même amusés de la nouvelle loi pas-de-pipi-chez-moi :

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(Source et Copyright de la photo : Blog Eduardo Marini