Chico Rei est une légende populaire bien connue au Brésil et qui raconte l'histoire de l'esclavage par les Portugais.

C'est l'histoire du roi Galanga, souverain d'une tribu congolaise. Il avait une femme, Djalô, une fille, Itulo et un fils, prince héritier. Un jour, la tribu fut capturée par les Portugais aux environs de l'année 1740 pour servir d'esclaves dans la nouvelle colonie Brésil.

Les portugais les emmenèrent de force sur le navire « Madalena », et durant la traversée, une terrible tempète éclata. Afin de calmer les dieux des mers, certains esclaves furent jetés par dessus bord, dont la reine et sa fille.

La ville de déportation pour les esclaves fut Rio de Janeiro, et là ils furent achetés par un riche négociant portugais qui les envoya à Vila Rica dans le Minas Gerais, aujourd'hui renommée Ouro Preto, soit « or noir », en référence au palladium qui donnait une couleur foncée au métal.

A Vila Rica les esclaves travaillaient dans les mines d'or, ne gagnant aucun revenu pour leur labeur. Toutefois, ils avaient la possibilité de s'affranchir si leur propriétaire l'autorisait.

Lorsque la tribu de Galanga arriva à Vila Rica, ils furent tous renommés avec des prénoms portugais, pour faciliter ces derniers à les appeler. Galanga devint alors Chico.

Chico promis à ses sujets qu'un jour leur liberté leur serait rendue.

A force de travail dans les mines et de lavage quotidien dans les vasques de l'église, Chico se rendit compte que la poussière d'or pouvait être récuperée. Il eu alors l'idée de cacher de la poussière d'or dans ses cheveux, et le soir de se laver consciencieusement la tête et de récupérer le métal qui se déposait au fond de la vasque.

Il demanda à tous ses sujets de procéder de la même façon, et tous les soirs, l'or récuperé par les femmes qui allaient puiser de l'eau dans la vasque, était soigneusement mis en sécurité jusqu'à ce que tous les esclaves soient liberés.

Le premier à avoir cette chance, fut le fils de Chico, 5 ans après leur arrivée à Vila Rica. Lorsque Chico put s'affranchir, il acheta alors la mine d'or Encardideira, et, suivant le même procedé, permis à tous les autres escalves à qui il avait promis des années auparavant que leur liberté leur serait rendue, de s'affranchir.

C'est à ce moment que Chico devint Chico Rei, « Chico le Roi ».
Il se remaria, et avec ses nouveaux sujets, créa la confrérie du Rosaire et de Sainte Iphigénie et ensemble ils batîrent, pierre à pierre, l'église Santa Ifigênia do Alto da Cruz.
Le jour de Notre Dame du Rosaire, Chico Rei fut couronné et un grand défilé en riches apparâts, musiciens et danseurs, eu lieu à Vila Rica.

Tout ceci n'est bien sûr qu'une légende, différentes versions existent, et rien ne prouve que le personnage de Chico Rei ait vraiment existé, mais il est néanmoins vrai que les escalves tentaient de s'affranchir, et que beaucoup d'églises noires furent construites par les esclaves durant leur temps libre (en soirée, en jour férié, dès qu'ils pouvaient, ils se relayaient dans la construction de leurs monuments).
Notre-Dame du Rosaire est encore aujourd'hui la Sainte Patronne des Noirs, et le 20 novembre est le jour ferié de la « conscience Noire » qui célèbre la force et la volonté des escalves africains depuis les premières déportations, jusqu'à l'abolition de l'esclavage.

En 1964, l'école de Samba Salgueiro eue pour thématique de Carnaval, la Légende de Chico Rei. L'école s'est qualifiée sur la seconde marche du podium.

(Sources : História Brasileira, Wikipédia Br)